Description
Reconnue depuis le milieu du XXème siècle
comme
modalité associée d'abord à
l'obésité, puis comme une forme
particulière
d'anorexie mentale la boulimie a été
distinguée
comme forme pathologique à part entière dans les
années 70 par B. BRUSSET et L. IGOIN en France, la
boulimie (bulimia nervosa) se caractérise par l'absorption
de
quantité de nourriture importante dans un laps de temps
limité, sous forme de crises se déroulant alors
que le
sujet est seul. La nécessité de faire une crise
de
boulimie monte sous forme de tension, jusqu'au moment où le
sujet perd le contrôle et absorbe d'importantes
quantités de nourritures. Dans un premier temps, qui ne dure
en
général que quelques instants, la
première
sensation est celle d'un soulagement puis ce soulagement
cède
rapidement place au sentiment de honte, d'avoir encore une fois
"craqué".
La crise se déroule habituellement sans plaisir, ce qui la
différencie du comportement de gourmandise ou
d'avidité
de certains obèses. Si plaisir il y a, ce plaisir est
extrêmement fugace et il est gâché
rapidement par le
sentiment de honte.
La quantité de nourriture absorbée est
généralement très importante le
réfrigérateur entier peut être
vidé, par
exemple, ce qui différencie la boulimie au sens
médical
de la "boulimie" telle qu'on en parle de manière courante:
le
sujet boulimique ne fait pas une crise en mangeant un paquet de
gâteaux
et une plaque de chocolat, il convient dans le cas d'une
véritable crise de multiplier ces quantités
plusieurs
fois.
Certains sujets préparent activement leurs crises,
stockant des aliments, de préférence toujours les
mêmes, en vue d'une crise, d'autres
cèdent aux
opportunités qui se présentent ou improvisent
quand la
pression de faire une crise est trop importante. Cependant, quel qu'en
soit le modus operandi, la crise se fait dans le secret, en solitaire,
loin des regards.
Dans
un
second temps, après la crise, le boulimique tente de
compenser
cette prise alimentaire très excessive par des
stratégies
de compensation diverses:
- Vomissements
- Utilisation
de diurétiques ou de laxatifs
- Périodes
de jeûnes ou d'abstinence de nourriture
- Dépenses
énergétiques dans le but de "brûler"
des calories
Il
est
à noter que certaines stratégies de compensation
de la
crise boulimique ont à long terme des effets inverses au but
recherché. En effet, le fait de ne pas manger ou de manger
le
minimum pendant plusieurs jours a pour conséquences
d'augmenter
la faim et les frustrations, ce qui aura pour effet de faciliter
l'émergence de la crise de boulimie, celle-ci pouvant
advenir
suite à une prise alimentaire banale où la
boulimique
perd le contrôle.
Selon des chiffres récents 28% des adolescentes et 20% des
adolescents de 10 à 19 ans souffriraient de boulimie.
Malgré le peu de renseignements disponibles, puisque les
comportements boulimiques sont généralement
beaucoup plus
discrets que les comportements anorexiques (pas d'amaigrissement
facilement constatable par un examen médical simple, mais
pas
forcément non plus de prise de poids si les vomissements
compensent la prise alimentaire) on estime le taux de
mortalité
à 0,4%
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DSM
IV: CRITÈRES DIAGNOSTIQUES POUR LA BOULIMIE
a). Épisodes
récurrents d’hyperphagie
incontrôlée. Un épisode
d’hyperphagie
incontrôlée consiste en : 1. prises alimentaires,
dans un temps court inférieur
à 2 heures, d’une quantité de
nourriture largement supérieure à celle que la
plupart des personnes mangeraient dans le même temps et dans
les mêmes
circonstances. 2. Une impression de ne pas avoir le contrôle
des quantités
ingérées ou la possibilité de
s’arrêter.
b) Le sujet
met en œuvre des comportements compensatoires
visant à éviter la
prise de poids (vomissements provoqués, prises de laxatifs
ou de diurétiques,
jeûnes, exercice excessif).
c)
Les épisodes d’hyperphagie
incontrôlée et les comportements compensatoires
pour prévenir une prise de poids ont eu lieu en moyenne 2
fois par semaine
durant au moins 3 mois.
d). Le
jugement porté sur soi-même est indûment
influencé par la forme et le
poids du corps.
e). Le
trouble ne survient pas au cours d’une anorexie mentale |
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Cette variation de la boulimie, distinguée par les
anglo-saxons
mais peu prise en compte par la nosographie française, se
caractérise surtout par l'absence
de comportements visant à compenser les prises excessives de
nourriture. La conséquence principale en est une prise de
poids
importante et obésité durable.
Cette
distinction se fait surtout à cause des critères
de
morbidité à long terme, ce qui s'explique par le
fait
qu'à l'origine de la série des DSM le but
était
surtout orienté vers un dépistage non
dans un but
de santé public mais à la demande des assurances
privées pour calculer les risques financiers
associés
à telle ou telle pathologie.
Dans
le cas précis de l'hyperphagie boulimique, les risques sont
augmentés à cause du surpoids.
Du point de vue du traitement et de la prise en charge, la
différenciation d'avec la boulimie doit surtout se jouer au
niveau du suivi nutritionnel.
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DSM
IV: CRITÈRES DIAGNOSTIQUES POUR L'HYPERPHAGIE BOULIMIQUE
A. Épisodes récurrents de crises de boulimies.
Une crise de boulimie répond aux 2
caractéristiques suivantes :
1) Absorption, en une courte période de temps (moins de 2
heures), d’une quantité de nourriture
dépassant notablement ce que la plupart des personnes
mangent dans le même temps et dans les mêmes
circonstances.
2) Sentiment de perte de contrôle sur le comportement
alimentaire pendant la crise (par exemple, sentiment de ne pas pouvoir
s’arrêter de manger ou de ne pas pouvoir
contrôler ce qu’on mange ou la quantité
de ce qu’on mange).
B. Durant les crises de boulimie, au moins trois des
critères suivants d’absence de contrôle
sont présents :
1) Prise alimentaire nettement plus rapide que la normale.
2) L’individu mange jusqu’à
l’apparition de sensations de distension abdominale
inconfortable.
3) Absorption de grandes quantités d’aliments sans
sensation physique de faim.
4) Prises alimentaires solitaires afin de cacher aux autres les
quantités ingérées.
5) Sensations de dégoût de soi, de
dépression, ou de grande culpabilité
après avoir mangé.
C. Le comportement boulimique est source d’une souffrance
marquée.
D. Le comportement boulimique survient en moyenne au moins 2 fois par
semaine sur une période de 6 mois.
E. Le comportement boulimique n’est pas associé
à des comportements compensatoires inappropriés
(par exemple vomissements, prise de laxatifs, exercice physique
intensif), ne survient pas au cours d’une Anorexie mentale
(Anorexia nervosa) ou d’une Boulimie (Bulimia nervosa).
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