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| HISTOIRE DE L'ANOREXIE MENTALE |
| La Sainte Anorexie |



Ste
Béatrice de Nazareth vomissait à la
simple odeur de la viande.
D'autres
saintes se couvraient la face à la vue de la nourriture et
au moins une d'entre elles a péri de faim.
Ste Véronique, au 17e siècle, s'obligeait à ne rien manger pendant des périodes de trois jours sauf le vendredi où elle s'autorisait à mâcher cinq pépins d'orange en souvenir des cinq plaies du Christ.
| Les jeûneuses confrontées à la science: du 17ème au 19ème siècle |
Au
17ème et au 18ème siècles, des
médecins dotés d'une tournure d'esprit plus
scientifique commencèrent à
s'intéresser à ces comportements qu'ils
dénommèrent:
INEDIA
PRODIGIOSA:
miraculeuse privation de nourriture
ANOREXIA MIRABILIS: perte miraculeuse d'appétit
Il
semble que l’on puisse attribuer la première
description de l’anorexie mentale à Richard
|
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.


Une première enquête donna quatre hypothèses:

| L'anorexie moderne |


| HISTOIRE DE LA BOULIMIE |

Contrairement à ce l'on peut parfois lire ou entendre, il est hasardeux de faire entrer les comportements alimentaires des "orgies", ou plus exactement des banquets de l'époque de l'empire romain dans le cadre des conduites boulimiques. En effet, même si les apparences vont dans le sens d'une similarité dans les aspects de quantité de nourritures ingérées et dans, parfois, l'utilisation de vomissements pour se soulager le contexte est radicalement différent.
Tout d'abord, nous ne possédons qu'étonnamment peu de textes sur les moeurs romaines à table. Ce sont surtout, soit des romans tels que le "Satyricon" de Petrone où est décrit avec force détails, voire exagération, le banquet du riche affranchi Trimalcion ou " l'âne d'or " d'Apulée ou des "Vitae" telles que " Les vies des douze Césars" de Suétone où sont parfois décrits les banquets, non de simples particuliers mais des empereurs, le trait y est souvent chargé puisque à l'époque le but était de présenter aux générations futures des exemples à suivre, ou à ne pas suivre, quitte à exagérer ou à inventer pour mieux convaincre.
Enfin, il convient de rappeler, certains faits qui différencient les moeurs romaines aussi démesurées soit-elles des comportements boulimiques. Tout d'abord, la quantité et la rareté sont une obsession de la société romaine de l'empire OCTAVIUS rival du célèbre APICIUS (1er siècle après JC) allant jusqu'à payer 5000 sesterces pour un surmulet d'une taille exceptionnelle, sans que la question de son goût n'entre jamais en compte, de manière à impressionner ses convives. Le banquet est un acte social, et non solitaire comme la boulimie, où le statut de l'hôte est caractérisé par l'abondance et la rareté, donc la cherté des plats proposés. Les plats proposés, dans un contexte de richesse extrême de la puissance invitante il ne faut pas l'oublier, ne représentent aucunement un échantillon signifiant de l'alimentation romaine. Ils ne sont que les seuls ayant laissé trace, du moins dans l'imagination, durant 1500 ans d'histoire. Dans un tel contexte, la richesse et la variété des plats offerts ne s'appliquent qu'aux hôtes de marque, les invités de moindre importance devant se contenter de ce qu'on lui servira, de mets de moindre qualité. De plus, chacun repartira avec l'équivalent d'un "doggy-bag" prélevé sur les restes du repas.
Ainsi le cliché du gavage suivi de vomissements ne s'applique qu'à une minorité d'invités de marque, eux même issus d'une minorité de personnages suffisamment notables pour être invités dans le cadre d'un banquet, c'est à dire une partie infime de la population romaine.
Pendant quelque quatorze siècles, après la chute de l'empire romain d'occident en 476, seuls quelques rares descriptions médicales parleront de "boulimus" qu'il faudrait peut-être rattacher à l'hyperphagie qu'à une véritable boulimie telle que nous la concevons.
Le " New Dictionary of Medical Science " au 19ème siècle donne la définition du terme " boulimia " : " de bœuf et de faim - (faim de bœuf): l'appétit féroce. Cependant, entre 1844 et 1944, il n'apparaîtra dans la sphère médicale américaine aucune description de boulimie.